Négocier vos conditions de financement bancaire : ce que les PME ont le droit de demander
La plupart des dirigeants de PME acceptent les premières conditions de financement proposées par leur banque. C'est une erreur. Voici ce que vous pouvez — et devez — négocier pour optimiser votre structure de dette.
La relation entre une PME et sa banque n'est pas une relation entre un demandeur et un décideur. C'est une relation commerciale entre deux parties qui ont chacune quelque chose à offrir à l'autre. Et comme toute relation commerciale, elle se négocie.
Le problème : la plupart des dirigeants de PME ne négocient pas leurs conditions de financement. Ils acceptent ce qu'on leur propose, soulagés d'avoir obtenu l'approbation, sans réaliser que les conditions initiales d'une banque sont rarement les meilleures qu'elle puisse offrir.
J'ai accompagné une PME manufacturière — 17 M$ de revenus, financement d'un projet d'expansion de 3,2 M$ — qui avait reçu une première offre de sa banque principale : prime + 2,15 %, covenants standard, frais d'établissement de 32 000 $. Le directeur était soulagé d'avoir l'approbation. Il était prêt à signer le lundi matin.
On a pris 10 jours pour préparer un contre-dossier normalisé et approcher deux autres institutions. La BDC a offert prime + 1,75 % avec des covenants plus souples. La banque principale, confrontée à cette offre, a répondu prime + 1,60 % avec les frais d'établissement réduits à 18 000 $. Sur un prêt de 3,2 M$ sur sept ans, l'écart représentait environ 155 000 $ d'intérêts et frais.
"Je savais pas que j'avais ce levier-là", m'a-t-il dit après. Ce n'est pas un cas exceptionnel — c'est le cas normal pour une PME bien préparée qui crée de la concurrence entre prêteurs.
Ce que les banques ne vous disent pas d'emblée
Les établissements financiers ont des marges de manœuvre significatives sur plusieurs dimensions de vos conditions de crédit. Ces marges existent — mais elles ne sont pas offertes spontanément. Elles se négocient.
Le taux d'intérêt — Même dans un environnement de taux normalisé, l'écart entre le taux de base et le taux final (le spread) est négociable. Un dossier solide avec des garanties claires justifie un spread réduit.
Les clauses restrictives (covenants) — Ce sont les conditions que vous devez maintenir pour garder votre crédit actif : ratio de couverture de la dette, ratio d'endettement, minimum de liquidités. Les covenants standard proposés sont souvent plus restrictifs que nécessaire. Si vous avez une bonne visibilité sur vos opérations, vous pouvez négocier des seuils plus réalistes.
Les frais et commissions — Frais d'établissement, frais annuels de gestion, pénalités de remboursement anticipé. Ces éléments sont rarement mis en avant mais peuvent représenter des milliers de dollars sur la durée d'un crédit.
La flexibilité des remboursements — Des périodes de franchise en début de prêt, des options de remboursement anticipé sans pénalité, des clauses de report de paiement en cas de difficultés temporaires — tout cela se discute.
Les éléments de votre dossier qui renforcent votre position
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